תעתוק
COPY
LB
30/7/48.
Persécutions dans la Ville du Caire
Dans la Semaine du 17 au 24 Juillet 1948.
Je jure sur mon honneur que les incidents suivants ont eu
lieu durant la semaine du 17 au 24 Juillet 1948 au Caire, leurs
victimes furent plus d'un millier de Juifs et d'Européens pris
pour Juifs. -
Voici énumérés d'unefaçon sommaire des faits dont je garantis
l'authenticité. Les faits sur la véracité desquels j'ai le moindre
doute ont été impitoyablement écartés par moi de ce rapport.
1) Le samedi 17 Juillet 1948, après une alerte [?] fausse et
fabriquée spécialement par les autorités gouvernementales égyp-
tiennes, et au cours de laquelle toutes les batteries antiaériennes
du Caire et de ses environs entrèrent en action et firent un or-
chestre infernal pour chasser un avion imaginaire, de grands
pogromes furent organisés après la fin de l'alarme, immédiatement
à partir de 10 heures du soir des pogromes furent organisés dans
les quartiers suivants du Caire:
Farouk - Mousky - Balt El Chaarich - Sakakini - Daker -
Choubrak - Makka - Farida - Heliopolis - Abdin - Soliman Pacha -
Rue Fuad 1er - etc. . . . . . c'est à dire pratiquement toute la
ville du Caire. Ces pogromes eurent de semblables à Alexandrie
et Port Said, aussi qu'à Mansourah et Mamanhour - ces pogromes
dont les auteurs furent des milliers d'indigènes de la populace
armés de couteaux, de barres de fer, de marteau etc. . . ., étaient
[UNCLEAR] les opérations suivant un plan établi au préalable.
De plus, des centaines de voleurs et de bandits se trouvaient parmi
ces personnes.
Ces pogromes venaient après des mois de propagande systématique
contre les Juifs dans la presse, la radio et les mosquées, menées,
encouragée et dirigée par le Gouvernement égyptien et employant
les moyens les plus bas les plus vils et les plus immoraux pour
créer et pour développer à son paroxysme une haine fanatique contre
les Juifs, haine renforcée continuellement par le fanatisme reli-
gieux d'une population d'une ignorance extraordinaire, et d'une
propagande menée par le gouvernement lui même, et payée par lui
était renforcée par une censure rigoureuse sur la pressemettait
la population dans l'ignorance complète de la réalité politique
et militaire en Palestine. Le gouvernement donc est le criminel
numéro 1 dans ces pogromes. - D'ailleurs la police, supposée
maintenir l'ordre, participait sauvagement à ces persécutions dans
certaines places, dans d'autres, spécialement dans les quartiers
habités par de nombreuses familles juives, était complètement
absente. - Ce ne fut qu'après plusieurs jours de troubles et de
persécution lorsque de nombreux sujets américains, français, anglais,
grecs etc. , non juifs furent assassinés ou blessés, que des ef-
forts sérieux furent faits pour arrêter cette persécution systéma-
tique, le gouvernement ayant plié aux très fortes et très énergiques
protestations des ambassadeurs et des ministres des puissances
étrangères. Nous devons remarquer que des mesures furent prises
- 2 -
non pas pour protéger les juifs, mais pour protéger les étrangers.
D'ailleurs les mesures et les renforts de police ne furent placés
que dans les quartiers européens et non pas dans les autres quar-
tiers où sont nombreux les juifs: ces quartiers continuèrent à
être sans police.
Voici des faits et des preuves conclusives, que nous donnons
succinctement.
1- A Sakakini: le nommé Moise Malti fut attaqué dans sa
maison, blessé grivement à la tête et partout dans le corps.
Ceci eu plus des blessures et des coups infligés à sa femme, son
bébé, sa soeur et sa servante. Les agresseurs détruisirent les
meubles et volèrent et emportèrent tout ce qu'ils purent.
2- Haim Wahba jeune homme de nationalitéfrançaise fut tiré
hors d'un taxi où il se trouvait, rue Farouk; 5 coups de couteau
lui furent donnés; il fut laissé pour mort dans la rue. Le len-
demain il fut amené à l'Hopital Israélite grivement blessé à la
tête, au corps et au poumons. Son père prit ses habits ensanglantés
et les amena au Consul de France au Caire. Le consul a envoyé
ces habits à Nokrachi pacha, président du Conseil Egyptien.
3- Chourah 7 personnes furent tuées à Chourah et laissées
dans la rue. Elles furent ramassées le lendemain, par la voiture
de la morgue après que plusieurs autos les eurent écrasées toute
la nuit.
4- Choubrah Une personne ayant déclaré qu'un juif faisait des
signaux d'un immeuble à Choubrah, la police arriva et fit descendre
tous les habitants de l'immeuble hommes, femmes et enfants. Elle
les plaça dans des camions et les livra à la populace.
5- Choubrah Un Italien chrétien blessé à coups de couteau,
habitant Choubrah a amené ses habits ensanglantés au ministre
plénipotentiaire d'Italie en Egypte. Cet Italien est un employé
à la Banque Ottomane du Caire.
6- Sakakini Sakakini et Daber étaient complètement sans soldats.
La Pharmacie Chamra, appartenant à des chrétiens fut attaquée et
détruite. Son propriétaire qui téléphona au gouvernement du Caire
pour avoir de l'aide reçut la réponse suivante: "Nous ne sommes
pas libres, nous avons autre chose à faire".
7- Rue Toursina: à 10 mètres d'un poste de police 12 maisons
furent attaquées, volées, détruites. Une centaine de personnes
fut blessée.
8- Rue Khaliq: à 200 mètres d'un poste de police plusieurs mai-
sons furent attaquées, filées; leurs occupants sauvagement blessés.
Un homme et sa femme, juifs, furent liés avec des cordes et jetés
par la fenêtre.
9- Rue Mansi: plusieurs maisons attaquées.
10- Dr. David Siohea, sa femme et son enfant furent attaqués sau-
vagement dans leur maison. Parmi les nombreuses blessures qu'ils
reçurent le docteur perdit un oeil.
11- Rue Farouk: Des milliers de personnes, menées et commandées
par des "effendis" ont arrêtés tous les tramways, autobus, autos
et taxis, et toutes les personnes qui avaient des traits européens
furent descendues, et attaquées. Dans cette rue ce soir il y
eut une cinquantaine de mort. Un frère, (dont nous sommes obligés
de ne pas dire le nom) a vu son frère coupé en morceaux. Il a été
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lui même grièvement blessé.
Toujours rue Farouk: les passants virent le lendemain sur cer-
taines maisons de la rue Farouk, près de la rue Bab el Chaarick,
des lambeaux et des membres humains cloués sur les murs.
12- Au quartier de Mouski, la populace s'amassa près de l'entrée
du quartier Juif et attaqua toutes les personnes qui rentraient
chez elles. Au quartier de Mouski une centaine d'Arméniens furent
blessés et quelques sont tués.
Au quartier de Mouski une cinquantaine de maisons furent
attaquées, leurs habitants durent barricader toutes les portes
et toutes les fenêtres.
13- Rue Soliman Pacha: en plein quartier européen des centaines
de personnes attaquèrent les maisons, les juifs et les européens.
2 juifs furent assassinés dans la rue.
Le jeune homme nommé Goldberg fut attaqué, il brissa le bras
à l'un de ses attaquants et réussit à fuire après avoir reçu
plusieurs entailles.
14- Au poste de police de Mousky: deux jeunes gens juifs qui
voulurent s'abriter dans ce poste de police virent des soldats
battre sauvagement un juif à l'intérieur du poste de police. Les
deux jeunes gens s'enfuirent rapidement.
15- En plein place de la Gare du Caire, au pieds du poste de
police de Kazbekieh une centaine de personnes juives ou autres
furent attaquées. 4 morts.
16- A Rod El Faraq: 6 vieillards juifs qui s'étaient rendus dans
une maison juive pour commémorer la mort d'une personne, furent
sauvagement attaqués. 4 d'entre eux furent tués sur place. Ces
informations me viennent de la personne la plus compétente en ce
sens: l'entrepreneur de Pompes Funèbres: "Acher" qui les enterra
lui même.
17- Aux Hopitaux:
Hôpital Grec du Caire: 101 personnes grecques chrétiennes,
blessées et hospitalisées - (chiffre pris de l'hôpital même le 19
juillet 1948)
Hôpital Français: 23 blessés hospitalisés - non juifs.
Hôpital Démerdack (gouvernemental): 27 juifs blessés, hos-
pitalisés. 2 moururent la nuit même. Le frère de l'un des blessés
qui allait à l'hôpital le même soir vit les infirmiers assommer
les juifs blessés de coups. Moi-même ayant été m'informer, il
me fut déclaré par l'infirmier qui me reçus: "Tous les juifs qui
sont venus chez nous sont morts". 2 jours après les blessés de-
mandèrent leur transfer à l'hôpital israélite.
Hôpital Kasr El Eini: Une soixantaine de personnes hospita-
lisées. 15 morts - traitement cruel - pas de nourriture et très
peu de soins de la part des infirmiers et infirmières.
Hôpital Israélite: pendant 3 jours l'hôpital fut sur pied
d'alerte jour et nuit. Une centaine d'opérations urgentes furent
faites de nuit. Tout le corps médical au complet.
Le 19 juillet à 6 heures p.m. étant à l'hôpital israélite.
l'ordre de se tenir prêt pour "une alerte blanche" fut donné.
personnel de l'hôpital. A 6 heures 15 les ambulances commencèrent
à arriver portant de nombreux blessés attaqués dans le quartier
de Jarh El Barabra.
L'hôpital juif enregistra 17 morts parmi les personnes qui
furent hospitalisées durant cette semaine et dont le nombre dé-
passa une centaine.
18- Ayant été moi-même à la Morgue Gouvernementale de Zeinhom
le dimanche 18 juillet à 10 heures du matin, il me fut déclaré
que 67 cadavres étaient arrivés jusqu'à cette heure.
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19- Pendant une semaine les habitants du quartier juif ne furent
pas s'aventurer en dehors du quartier juif.
20- D'après les milieux gouvernementaux 31 musulmans ont été
tués. Ceux-ci avaient le teint plus clair que la "couleur
nationale".
21- Le jeudi 22 juillet 3 shohatim allèrent aux Abattoirs accom-
pagnés d'une petite force de police, pour égorger la viande kosher.
Ils furent attaqués par les bouchers arabes et blessés sauvagement.
La police ne fit rien. Elle aidait les bouchers à s'enfuir après
qu'ils eurent tués et coupés en morceaux le shohet Léon Lévy
d'Héliopolis.
22- Nous ne donnerons pas ici la description des meurtres d'An-
glais d'Américains et de français, dont vous savez surement les
détails. Qu'il nous suffise de dire qu'un touriste américain eut
les yeux crevés et la tête tranchée. Le boxeur français de renom-
mée mondiale Henri Gaillard, que le gouvernement Egyptien avait
spécialement engagé pour entraîner l'équipe olympique de boxe de
l'Armée Egyptienne fut la victime d'une de ces agressions. Sortant
du cinéma Rivoli, rue Fouad 1er, en compagnie de l'entraîneur
français de l'équipe égyptienne olympique de fleuroet, et d'une
groupe d'Egyptiens faisant partie de leur équipe furent attaqués
par 300 personnes. Les Egyptiens membres de l'équipe s'enfuirent,
laissant les deux français la proie de la populace. Les deux
français se défendirent vaillamment. Henri Gaillard mit par terre
une dizaine de ses agresseurs. Mais les couteaux eurent rapide-
ment le dessus sur les deux.Français. Quelques heures plus tard
Henri Gaillard mourait à l'Hôpital Kasr El Eini. L'autre français
fut gravement blessé à la tête.
23- Une censure de fer empêcha de publier n'importe quel détail.
Au contraire la propagande empoisonnée des journaux alla en s'in-
tensifiant.
24- Le 24 juillet des affiches demandant de massacrer tous les
Juifs furent collées par tout. Le même jour le gouvernement les
fit enlever. Mais ces affiches furent remplacées par d'autres
moins compromettantes mais non pas moins meurtrières: c'était
d'après les propres mots de l'affiche "Un appel pour rendre la vie
des Juifs un vrai enfer". Aujourd'hui 30 juillet 1948 on peut
encore lire ces affiches à tous les carrefours: par exemple près
de l'Américaine" Soliman Pacha et dans toute la rue Fouad 1er.
Ceci n'est que des faits dont j'ai fu m'assurer par moi-
même. Cette description sommaire ne donne qu'une idée de la
réalité.
Haim Saadia - Etudiant en dernière année à la
Faculté de Medecine - Hôpital Kasr El Eini.
N.B. Prière de ne pas publier aucun nom. Prière de ne pas publier
ni le nom, ni les initiales, ni la qualité du signataire de ce
rapport pour raisons liés à sa propre sécurité.
19/7 A Medical Resident Officer of the Kasr-el-Aini
in Cairo, dr. Sabre (Eg. Copt) told to the students
around him, that he had a lovely moment
this morning when he saw a Jew, on the ground
with his brains out.
תרגום לעברית
העתק
LB
30/7/48.
רדיפות בעיר קהיר
בשבוע שבין 17 ל-24 ביולי 1948.
אני נשבע על כבודי שהאירועים הבאים התרחשו
במהלך השבוע שבין 17 ל-24 ביולי 1948 בקהיר, קורבנותיהם
היו יותר מאלף יהודים ואירופאים שנחשבו
ליהודים. -
להלן מפורטים באופן תמציתי עובדות שאני ערב
לאמיתותן. עובדות שעל אמיתותן יש לי שמץ
של ספק, נופו על ידי ללא רחם מדוח זה.
1) ביום שבת 17 ביולי 1948, לאחר אזעקה [?] כוזבת ו
מפוברקת במיוחד על ידי רשויות הממשלה המצריות,
ובמהלכה כל הסוללות נגד מטוסים
של קהיר וסביבתה נכנסו לפעולה ויצרו תזמורת
גיהנומית כדי לגרש מטוס דמיוני, פוגרומים גדולים
אורגנו לאחר סיום האזעקה, מיד
החל מהשעה 10 בערב אורגנו פוגרומים ב
השכונות הבאות של קהיר:
פארוק - מוסקי - בלט אל שעריש - סקאקיני - דאקר -
שובראק - מכה - פרידה - הליופוליס - עבדין - סולימאן פאשה -
רחוב פואד הראשון - וכו'. . . . . . כלומר כמעט כל
העיר קהיר. פוגרומים אלה היו דומים באלכסנדריה
ובפורט סעיד, וכן במנצורה ובממנהור - פוגרומים אלה
שמבצעיהם היו אלפי ילידים מהאספסוף
חמושים בסכינים, מוטות ברזל, פטישים וכו'. . . ., היו
[לא ברור] הפעולות לפי תוכנית שנקבעה מראש.
בנוסף, מאות גנבים ושודדים היו בין
אנשים אלה.
פוגרומים אלה באו לאחר חודשים של תעמולה שיטתית
נגד היהודים בעיתונות, ברדיו ובמסגדים, שנוהלה,
עודדה ונוהלה על ידי ממשלת מצרים והשתמשה
באמצעים הנמוכים, הנבזים והבלתי מוסריים ביותר כדי
ליצור ולפתח לשיאו שנאה פנאטית נגד
היהודים, שנאה שהתחזקה ללא הרף על ידי הקנאות הדתית
של אוכלוסייה בעלת בורות יוצאת דופן, ושל
תעמולה שנוהלה על ידי הממשלה עצמה, ושולמה על ידה
התחזקה על ידי צנזורה קפדנית על העיתונות שהכניסה
את האוכלוסייה לבורות מוחלטת של המציאות הפוליטית
והצבאית בפלסטין. הממשלה, אם כן, היא הפושע
מספר 1 בפוגרומים אלה. - יתרה מכך, המשטרה, שאמורה
לשמור על הסדר, השתתפה באכזריות ברדיפות אלה ב-
מקומות מסוימים, באחרים, במיוחד בשכונות
שבהן התגוררו משפחות יהודיות רבות, הייתה נעדרת
לחלוטין. - רק לאחר מספר ימים של מהומות ו-
רדיפות, כאשר נרצחו או נפצעו נתינים אמריקאים, צרפתים, אנגלים,
יוונים וכו', לא יהודים, נעשו
מאמצים רציניים לעצור רדיפה שיטתית זו,
לאחר שהממשלה נכנעה למחאות החזקות והאנרגטיות מאוד
של שגרירי ושרים של המעצמות
הזרות. עלינו לציין כי ננקטו צעדים
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לא כדי להגן על היהודים, אלא כדי להגן על הזרים.
יתרה מכך, אמצעי המשטרה והתגבורות הוצבו
רק בשכונות האירופיות ולא בשכונות האחרות
שבהן היהודים רבים: שכונות אלה המשיכו
להיות ללא משטרה.
להלן עובדות והוכחות חד משמעיות, שאנו מוסרים
בתמציתיות.
1- בסקאקיני: אדם בשם משה מלטי הותקף ב-
ביתו, נפצע קשה בראשו ובכל גופו.
זאת בנוסף לפציעות ולמכות שהושתתו על אשתו, תינוקו,
אחותו ומשרתתו. התוקפים הרסו את
הרהיטים וגנבו ולקחו כל מה שיכלו.
2- חיים והבה, צעיר בעל אזרחות צרפתית, נשלף
מתוך מונית שבה שהה, ברחוב פארוק; 5 דקירות סכין
ניתנו לו; הוא הושאר למות ברחוב. למחרת
הוא הובא לבית החולים היהודי פצוע קשה ב
ראש, בגוף ובראות. אביו לקח את בגדיו המגואלים בדם
והביא אותם לקונסול צרפת בקהיר. הקונסול שלח
בגדים אלה לנוקראשי פאשה, נשיא המועצה המצרית.
3- שורה 7 אנשים נהרגו בשורה והושארו
ברחוב. הם נאספו למחרת, על ידי מכונית
החדר מתים לאחר שמספר מכוניות דרסו אותם כל
הלילה.
4- שוברה אדם שהצהיר שיהודי עשה
סימנים מבניין בשוברה, המשטרה הגיעה והורידה
את כל דיירי הבניין גברים, נשים וילדים. היא
הכניסה אותם למשאיות ומסרה אותם להמון.
5- שוברה איטלקי נוצרי שנפצע מדקירות סכין,
תושב שוברה הביא את בגדיו המגואלים בדם לשר
הממונה של איטליה במצרים. איטלקי זה הוא עובד
בבנק העות'מאני בקהיר.
6- סקאקיני סקאקיני ודאבר היו ללא חיילים לחלוטין.
בית המרקחת שמרה, השייך לנוצרים, הותקף ו
נהרס. בעליו שהתקשר לממשלת קהיר
כדי לקבל עזרה קיבל את התשובה הבאה: "אנחנו
לא חופשיים, יש לנו דברים אחרים לעשות".
7- רחוב טורסינה: 10 מטרים מתחנת משטרה 12 בתים
הותקפו, נשדדו, נהרסו. כמאה אנשים
נפצעו.
8- רחוב חליק: 200 מטרים מתחנת משטרה מספר
בתים הותקפו, נשדדו; דייריהם נפצעו באכזריות.
גבר ואשתו, יהודים, נקשרו בחבלים ונזרקו
מהחלון.
9- רחוב מנסי: מספר בתים הותקפו.
10- ד"ר דוד סיוהה, אשתו וילדו הותקפו באכזריות
בביתם. בין הפציעות הרבות ש
קיבלו, איבד הדוקטור עין אחת.
11- רחוב פארוק: אלפי אנשים, בהנהגתם ובפיקודם של "אפנדים"
עצרו את כל החשמליות, האוטובוסים, המכוניות והמוניות, וכל
האנשים בעלי תווי פנים אירופאיים הורדו, והותקפו. ברחוב זה
הערב היו כחמישים הרוגים. אח, (שאת שמו אנו נאלצים לא לומר)
ראה את אחיו נחתך לחתיכות. הוא עצמו נפצע קשה.
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עדיין ברחוב פארוק: עוברי אורח ראו למחרת על בתים מסוימים
ברחוב פארוק, ליד רחוב באב אל שעאריק, קרעים ואיברים אנושיים
מסומרים על הקירות.
12- בשכונת מוסקי, ההמון התאסף ליד הכניסה לשכונה היהודית
ותקף את כל האנשים שחזרו לבתיהם. בשכונת מוסקי נפצעו כמאה
ארמנים וכמה נהרגו.
בשכונת מוסקי הותקפו כחמישים בתים, תושביהם נאלצו לבצר את
כל הדלתות וכל החלונות.
13- רחוב סולימאן פאשה: בלב השכונה האירופאית מאות אנשים
תקפו את הבתים, את היהודים ואת האירופאים. 2 יהודים נרצחו
ברחוב.
הצעיר בשם גולדברג הותקף, הוא שבר את זרועו של אחד מתוקפיו
והצליח לברוח לאחר שקיבל מספר חתכים.
14- בתחנת המשטרה של מוסקי: שני צעירים יהודים שרצו למצוא
מחסה בתחנת משטרה זו ראו חיילים מכים באכזריות יהודי בתוך
תחנת המשטרה. שני הצעירים נמלטו במהירות.
15- בלב כיכר תחנת הרכבת של קהיר, למרגלות תחנת המשטרה של
קזבכיה, הותקפו כמאה אנשים יהודים או אחרים. 4 הרוגים.
16- ברוד אל פאראק: 6 קשישים יהודים שהלכו לבית יהודי כדי
להנציח את מותו של אדם, הותקפו באכזריות. 4 מהם נהרגו במקום.
מידע זה הגיע אלי מהאדם המוסמך ביותר בעניין זה: קבלן
הקבורה: "אשר" שקבר אותם בעצמו.
17- בבתי החולים:
בית החולים היווני בקהיר: 101 אנשים יוונים נוצרים,
פצועים ומאושפזים – (מספר שנלקח מבית החולים עצמו ב-19
ביולי 1948)
בית החולים הצרפתי: 23 פצועים מאושפזים – לא יהודים.
בית החולים דמרדאק (ממשלתי): 27 יהודים פצועים, מאושפזים.
2 מתו באותו לילה. אחיו של אחד הפצועים
שנסע לבית החולים באותו ערב ראה את האחים והאחיות מכים
את היהודים הפצועים במכות. אני עצמי, כשבאתי לברר,
נאמר לי על ידי האח שקיבל אותי: "כל היהודים
שבאו אלינו מתו". יומיים לאחר מכן הפצועים ביקשו
את העברתם לבית החולים היהודי.
בית החולים קאסר אל-עיני: כשישים איש אושפזו.
15 מתים – טיפול אכזרי – ללא אוכל ומעט מאוד
טיפול מצד האחים והאחיות.
בית החולים היהודי: במשך 3 ימים בית החולים היה בכוננות
יום ולילה. כמאה ניתוחי חירום בוצעו
בלילה. כל הצוות הרפואי במלואו.
ב-19 ביולי בשעה 6 בערב, בהיותי בבית החולים היהודי,
ניתנה הוראה להיות מוכנים ל"התראה לבנה".
צוות בית החולים. בשעה 6 ורבע החלו האמבולנסים
להגיע כשהם נושאים פצועים רבים שהותקפו בשכונת
ג'ארח אל-בראברה.
בית החולים היהודי רשם 17 הרוגים בקרב האנשים
שאושפזו במהלך שבוע זה ומספרם עלה
על מאה.
18- בהיותי בעצמי בחדר המתים הממשלתי בזיינהום
ביום ראשון, 18 ביולי, בשעה 10 בבוקר, נאמר לי
ש-67 גופות הגיעו עד שעה זו.
- 4 -
19- במשך שבוע תושבי הרובע היהודי לא העזו
לצאת מחוץ לרובע היהודי.
20- לפי גורמים ממשלתיים 31 מוסלמים נהרגו.
לאלה היה עור בהיר יותר מ"הצבע
הלאומי".
21- ביום חמישי, 22 ביולי, שלושה שוחטים הלכו לבית המטבחיים
מלווים בכוח משטרה קטן, כדי לשחוט בשר כשר.
הם הותקפו על ידי הקצבים הערבים ונפצעו באכזריות.
המשטרה לא עשתה דבר. היא עזרה לקצבים לברוח לאחר
שהרגו וחתכו לחתיכות את השוחט ליאון לוי
מהליופוליס.
22- לא נמסור כאן את תיאור הרציחות של אנגלים, אמריקאים וצרפתים,
שאת פרטיהן אתם ודאי יודעים. יספיק לנו לומר שתייר אמריקאי
נוקרו עיניו וראשו נערף. המתאגרף הצרפתי בעל השם העולמי
אנרי גאיאר, שהממשלה המצרית העסיקה במיוחד כדי לאמן את
הנבחרת האולימפית המצרית לאיגרוף, היה קורבן לאחת מהתקפות
אלה. בעת שיצא מבית הקולנוע ריבולי, ברחוב פואד הראשון,
בליווי המאמן הצרפתי של הנבחרת האולימפית המצרית בסיף,
וקבוצת מצרים שהיו חלק מהצוות שלהם, הם הותקפו על ידי 300
אנשים. המצרים חברי הצוות נמלטו, והשאירו את שני הצרפתים
טרף להמון. שני הצרפתים התגוננו באומץ. אנרי גאיאר הפיל
כעשרה מתוקפיו. אך הסכינים גברו במהירות על שני הצרפתים.
כמה שעות לאחר מכן אנרי גאיאר מת בבית החולים קסר אל-עיני.
הצרפתי השני נפצע קשה בראשו.
23- צנזורה חמורה מנעה פרסום כל פרט. להיפך, התעמולה המורעלת
של העיתונים הלכה והתעצמה.
24- ב-24 ביולי נתלו בכל מקום כרזות שקראו לטבוח בכל היהודים.
באותו יום הממשלה הסירה אותן. אך כרזות אלה הוחלפו באחרות
פחות מסוכנות אך לא פחות קטלניות: היה זה, לפי מילותיה
של הכרזה עצמה, "קריאה להפוך את חיי היהודים לגיהינום אמיתי".
היום, 30 ביולי 1948, עדיין ניתן לקרוא כרזות אלה בכל
הצמתים: לדוגמה, ליד "האמריקאית" סולימאן פאשה ובכל רחוב
פואד הראשון.
אלה הן רק עובדות שבהן הצלחתי לוודא בעצמי. תיאור
תמציתי זה נותן רק מושג על המציאות.
חיים סעדיה - סטודנט שנה אחרונה ב-
הפקולטה לרפואה - בית החולים קסר אל-עיני.
נ.ב. נא לא לפרסם שום שם. נא לא לפרסם לא את השם, לא את
ראשי התיבות, ולא את תפקידו של חותם דוח זה מסיבות
הקשורות לביטחונו האישי.
19/7 קצין רפואה תושב קסר אל-עיני
בקהיר, ד"ר סאבר (מצרי קופטי) אמר לסטודנטים
סביבו, שהייתה לו רגע מקסים
הבוקר כשראה יהודי, על האדמה
עם מוחו בחוץ.