תעתוק
Maurice Mizrahi 1977 Juifs d'Egypte et ses juifs - Le temps révolu
A partir du règne de Mohamed Ali, Vice-roi d'Egypte, jusqu'aux premiers temps de
l'occupation anglaise, sous mandat britannique pendant quatorze ans,
la communauté juive à grande dimension en Egypte. Des troubles restreints ont eu lieu cependant quelquefois, dans
l'une ou l'autre des villes, surtout en province, provoqués par des meneurs fanatiques antijuifs, aveuglés
par l'obscurantisme et la superstition, et parfois par des non-musulmans, se servant, à la veille de la
Pâque juive, de l'accusation fausse et médiévale de crime rituel; mais ces troubles sont restés locaux
et les victimes dont les victimes étaient peu nombreuses, indemnes, sans jamais atteindre, dans des
circonstances identiques, les émeutes populaires et les massacres des juifs en Russie tsariste,
massacres devenus pogromes.
La communauté juive harmonieusement intégrée à l'ensemble de la collectivité égyptienne, en était un membre
vivant. Ses membres appartenaient à toutes les couches sociales, du petit peuple au sommet de la
hiérarchie. Certains partageant le pain des pauvres, les autres vivant plus ou moins, dans l'aisance, ou
dans l'opulence. Certains avaient même leur place à la cour.
Ils s'intéressaient des professions libérales dans la médecine, la science, la justice, l'art, l'architecture, le
commerce, la finance etc. D'autres s'illustrèrent au service de l'Etat comme maîtres, députés, sénateurs
et hauts fonctionnaires. Il y avait même des paysans juifs, dont l'origine remonte très loin dans le temps,
ayant les mêmes moeurs et coutumes que leurs voisins. Coiffés d'un turban "blanc", ils étaient comme eux
en gallabieh blanche et portaient sur la tête le "labba" blanc, mais qui restaient absolument attachés
à leur religion.
Le peuple égyptien est d'un naturel plutôt pacifique, mais il a de tout temps été influencé par la propagande
tendanceuse. Or, une propagande de nationalisme passionnel, xénophobe et haineux s'est travaillée depuis deux
générations, reprise avec force de vigueur encore depuis l'accession au pouvoir de la dictature nassérienne.
Manipulée par ce régime, la propagande en Egypte, dans les pays arabes et dans le reste du monde, est dotée
de moyens financiers considérables, elle fut scientifiquement et méthodiquement organisée par les transfuges
nazis, anciens collaborateurs de Goebbels, le "maître du mensonge" de Hitler, de sinistre mémoire.
Le calife Omar, successeur d'Abou-Baker, qui, nous dit partout, créa et protégea juifs et chrétiens d'Arabie,
dit partout, créa et protégea juifs et chrétiens d'Arabie,
dit partout écrit, dans tout son empire un grand nombre de sujets appartenant à ces deux communautés
de la foi de la religion propre. Il établit, dans son œuvre, des conditions de vie qui furent observées
parmi les juifs et les chrétiens: établissement d'un impôt personnel, la "dhimma", obligation de se distinguer
des musulmans par un vêtement spécial, interdiction de porter une arme et de monter à cheval, défense
d'élever des maisons plus hautes que celles des musulmans, défense d'élever leur culte à haute voix
etc. Ces mesures, à l'exception de "dhimma" tombèrent peu à peu, avec le temps en désuétude, pour
tous sauf aux juifs.
Dans le judaïsme égyptien, "Saad El Fayoumi" (Saadia Haon) qui fut ensuite appelé à diriger
l'école talmudique à Soura (Bagdad) en 928. Il traduisit en arabe AL YISRAILI
(845-945), et le médecin et astronome Abou Salih Dounash (920-990) et enfin
Mohel Ben Maimon (1135-1204) de Cordoue qui s'installa en Egypte et devint Solal &
Ibn El Ayoubi.
un siècle de judaïsme Egyptien, juifs Egyptien et de nationalités différentes.
A la fin du XIX° siècle les communautés juives d'Egypte étaient constituées pour une large
part de juifs d'ascendance égyptienne très ancienne et d'une minorité de juifs étrangers,
orientaux ou européens, arrivés dans le pays, comme de nombreux autres étrangers, à partir
de 1875 (institution du régime judiciaire des tribunaux mixtes et des tribunaux
consulaires) et surtout à partir de 1882 (date de l'occupation de l'Egypte par la Grande
-Bretagne). Ce régime judiciaire qui assurait une plus grande sécurité aux étrangers
favorisa des investissements importants qui contribuèrent largement au développement
du pays. Le Caire, Alexandrie, et les villes de la zone du canal de Suez devinrent aussi
des villes modernes et cosmopolites; cette évolution fut particulièrement évidente à
Alexandrie où la minorité juive était très brillante et dont la municipalité était en
forte composée d'Européens et de juifs. —
Un afflux de juifs d'origine russe et polonaise, chassés de Palestine par la
Turquie entrée en guerre aux côtés de l'Allemagne en 1914, vinrent grossir les rangs
des communautés d'Alexandrie, du Caire et de Port-Saïd. Ces nouveaux immigrants,
secourus par les communautés de ces villes qui leur fournirent gîte et travail, eurent
vite fait de s'assimiler à leur nouveau milieu et, à la fin de la guerre, seule une
minorité est retournée en Palestine.
De l'instauration du Khédivat par Mohammed Ali, Vice-roi d'Egypte, jusqu'aux
premiers troubles en Palestine entre juifs et Arabes, le problème juif ne se posait pas en Egypte.
Les relations entre juifs et étrangers d'une part, entre juifs et Egyptiens d'autre part, étaient
très cordiales.
Au Caire, Haret El Yahoud (1880) avec des nombreuses rues tortueuses faisait partie de la
vieille ville. Il était habité par les juifs de condition modeste mais typiquement égyptiens, dans leur
parler, leur vêtement et leurs coutumes. Ils étaient si bien assimilés qu'il était difficile, d'après
leur aspect extérieur, de les distinguer des autres Egyptiens. -- [UNCLEAR]
Les juifs jouissaient de l'estime des habitants du pays, égyptiens et étrangers, du fait de la qualité
de leur élite, de leurs institutions et de la grandeur morale de leurs chefs spirituels, au Caire
et à Alexandrie, en particulier. Dans ces villes et en province, chaque synagogue avait son histoire
et ses légendes. Des clubs et des associations de toutes sortes réunissaient juifs et non juifs.
① Près de Benha (en basse-Egypte) existait un village entièrement peuplé de juifs
fellahin, qui vivaient comme les fellahin égyptiens, oubliés là peut-être par l'Epoque au temps de
Moïse. ② Un autre village, Minet-Ele-Gauh, était aussi peuplé de fellahin juifs; on les voyait
prier dans leur misérable synagogue, cocasses parfois; certains ne savaient pas lire;
ils n'en priaient pas moins avec ferveur, car ils savaient par coeur les Ecritures.
Ce fut pour les juifs une époque de liberté et de quiétude qui se prolongea après
1920-1922, années qui virent la montée du nationalisme égyptien et le début du
combat pour l'indépendance; de nombreux juifs s'associèrent à cette lutte qui,
à l'origine, n'était nullement de caractère xénophobe.
La contribution de ses 85000 membres au développement et à la progression de
l'Egypte fut considérable et déterminante. Elle jouissait du respect et de la bienveillance
des autorités. Ses nombreuses institutions - écoles, hôpitaux, associations
culturelles ou sportives, oeuvres sociales, etc - étaient estimées.
L'autorité du rabbinat ne se limitait pas au seul domaine spirituel; les
tribunaux rabbiniques étaient en effet compétents en matière de statut personnel
pour les membres de la communauté et leurs jugements avaient effet exécutoire.
Nombreux parmi eux étaient médecins, avocats, ingénieurs, agronomes, artistes
ou architectes de solide réputation; d'autres s'illustraient au service de l'Etat comme
ministres, députés ou hauts fonctionnaires.
Cette vie idyllique ne s'est détériorée que graduellement, en raison de et
avec le développement du conflit israélo-arabe, à partir des premiers troubles
en Palestine, pour devenir finalement infernale. Cette communauté de 85000
membres environ est en voie d'extinction, sous l'effet conjugué de l'oppression,
de l'émigration, des expulsions et du vieillissement des quelques centaines
qui restent dans l'Egypte.
Naissance du sionisme en Egypte.
C'est en février de l'année 1897 que la première association sioniste d'Egypte fut fondée par
Marco Baroukh, propagateur de l'idéal sioniste parmi les juifs égyptiens. Pour
toucher un public linguistiquement peu homogène, Baroukh se fit adresser par
le congrès sioniste de Vienne des brochures en français, espagnol et hébreu; il
traduisit en arabe "L'Etat juif" de Herzl et en fit distribuer trois mille exemplaires.
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Près de Benha (en Basse Egypte) c'était un village entièrement peuplé de juifs fellahin qui vivaient
comme les fellahin égyptiens. Un autre village, Minet El Gamh, était aussi peuplé de fellahin juifs;
on les voyait prier dans leur misérable synagogue; certains ne savaient pas lire. Ils n'en prenaient
pas moins avec ferveur, car ils savaient par coeur les Ecritures.
Ce fut pour les juifs une époque de liberté et de quiétude qui se prolongea après 1920-22 années, qui
virent la montée du nationalisme égyptien et le début du combat pour l'indépendance; de nombreux juifs
s'associèrent à cette lutte qui, à l'origine n'était nullement de caractère xénophobe.
La contribution de ses 85000 membres au développement et à la progression de l'Egypte fut considérable
et déterminante. Elle jouissait du respect et de la bienveillance des autorités. Ses nombreuses
institutions - écoles, hôpitaux, associations culturelles ou sportives, oeuvres sociales, etc. - étaient estimées.
L'autorité du rabbinat ne se limitait pas au seul domaine spirituel; les tribunaux rabbiniques
étaient en effet compétents en matière de statut personnel pour les membres de la communauté, et leurs
jugements avaient effet exécutoire.
Médecins, avocats, ingénieurs, agronomes, artistes ou architectes de solide réputation; d'autres s'illustrèrent
au service de l'Etat comme ministres, députés ou hauts fonctionnaires.
Cette vie idyllique s'est détériorée graduellement, en chasse directe avec le développement des
conflits israélo-arabes, à partir des premiers troubles en Palestine pour devenir finalement infernale.
Cette communauté de 85000 membres environ est en voie d'extinction sous l'effet conjugué de l'oppression,
de l'émigration, des expulsions et du vieillissement des quelques centaines qui restent dans le pays.
Naissance du sionisme en Egypte
C'est en février de l'année 1897 que la première association sioniste d'Egypte fut fondée par
Marco Baroukh, propagateur de l'idée sioniste parmi les juifs égyptiens. Pour fonder un public
suffisamment large et homogène, Baroukh se fit adresser par le congrès sioniste de Vienne des
brochures en français, espagnol et hébreu; il traduisit en arabe "L'Etat juif" de Herzl et
en fit distribuer 3000 exemplaires.
En 1901, une fête champêtre juive eut lieu au Caire; l'emblème national juif, l'étoile
de David, y figurait en bonne place, ainsi que l'inscription "Vive le Docteur Herzl".
En 1917, la presse égyptienne a favorablement réagi à la déclaration Balfour.
A l'occasion du premier anniversaire de cette déclaration, les deux journaux
arabes d'Egypte les plus importants, "Al Ahram" et Al Mokattam"
publièrent des articles la commentant favorablement. Le premier anniversaire fut aussi
marqué par un important mass-meeting juif à Alexandrie, auquel assistèrent le premier ministre
Zivar Pacha et le gouverneur de la ville. Organisé par les associations juives, ce mass-meeting
se termina par un défilé populaire dans les principaux boulevards de la ville, drapeau
sioniste, fanfare maccabi et les membres de cette organisation sportive portant uniforme blanc
et ceinture bleue, en tête, suivis des scouts maccabi avec leur drapeau, tambours et clairons,
à leur tour, suivis de nombreux juifs, hommes, femmes et enfants; défilé extraordinaire
où les badauds égyptiens applaudirent aux cris de "Vive les juifs".
En 1919, aux deuxième anniversaire de la déclaration Balfour, les scouts juifs
de Tantah organisèrent une grande manifestation en l'honneur des scouts juifs du Caire
venus leur rendre visite. Le grand Rabbin d'Alexandrie, Raphael Della Pergola,
remit aux scouts de Tantah un drapeau sioniste, tandis que le sous-ministre de la
Garbiah (sous-préfet) présent à cette solennité, applaudissait à tout rompre.
Au cours de la première guerre mondiale, une association sioniste de jeunes
existait au Caire appelée "Pirhé Sion" dont je faisais partie. En octobre 1916, cette
association a donné une représentation dans un théâtre de la ville la pièce
"David et Goliath" en hébreu.
La plupart de ces associations subsistèrent jusqu'au premier conflit israélo-arabe
de 1948. C'est seulement à cette date qu'ils furent dissouts, et même temps
que toutes les organisations sionistes. Les chefs de ces associations sportives et les
sionistes militants devaient alors être arrêtés et internés dans des camps de
concentration.
Entente cordiale entre juifs et non-juifs
En 1919, quand le pays tout entier était plongé dans l'effervescence de la lutte pour son
indépendance, c'était une jeune sage-femme juive, fortunée [?], qui marchait à la tête
d'une manifestation de femmes égyptiennes dans les rues du Caire.
Cicurel, entrepôt fut l'objet de nombreux attentats (en particulier toutes
les fois que les Frères musulmans soulevaient des émeutes). En 1948, un incendie le
détruisit partiellement ; en 1952, il fut le théâtre d'un incendie d'origine criminelle.
Salvator Cicurel, le dernier des frères resté en vie, finit par le céder et vendit son magasin
pour une somme dérisoire. Joseph Cicurel, le cadet des trois frères, avait été un ardent
sioniste et fut longtemps président de l'association sioniste du Caire.
Pendant la seconde guerre mondiale, alors que les troupes allemandes arrivaient à El Alamein
au seuil de l'Egypte, de nombreux juifs furent pris de panique ; certains quittèrent le pays,
d'autres cherchèrent à mettre leurs biens à l'abri.
Les activistes anti-nazis et anti-fascistes étaient, quant à eux, évacués par
l'armée britannique, en Palestine.
Lorsque les troupes italo-allemandes parvinrent à EL ALAMEIN, aux portes de
l'Egypte, la population du Caire et d'Alexandrie fut en effervescence. On s'attendait
à la poursuite de l'avance ennemie et à l'occupation du pays. Les familles juives
paniquées tombèrent dans une profonde anxiété. Les familles italiennes, dont les chefs
avaient été internés dès l'entrée en guerre de l'Italie, se préparèrent à recevoir
les vainqueurs dans l'enthousiasme et à leur faire fête. Les tissus aux couleurs
italiennes furent raflés dans les magasins par les femmes italiennes pour en faire
des drapeaux.
Par contre, ceux qui se sentaient menacés, juifs, italiens libres, anti-fascistes et
Autrichiens anti-nazis, pris de panique, partirent, les uns vers la Haute-Egypte
le Soudan, alors que d'autres prirent les avions en partance pour le Kenya, la Rhodésie
ou l'Afrique du Sud.
Juifs patriotes égyptiens
Lors de l'éveil du nationalisme égyptien, la population juive ne se tint pas à l'écart
du mouvement, car il y a toujours eu des juifs pour défendre la liberté et la justice.
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① Le premier symptôme de l'agitation nationaliste fut la révolte d'Orabi Pacha
militaire, mais ce mouvement dégénère en émeute Xénophobe et donne prétexte, en 1882,
à l'occupation du pays par les troupes britanniques.
② La deuxième étape, qui peut être considérée comme la source et le point de départ du
nationalisme intellectuel égyptien date de 1890. C'est l'œuvre du Triumvirat :
cheikh Gamal El Dine El Afghani, le cheikh Mohamed Abdou, et le juif Victor Zarade
Sama. Victor Sama était surnommé "Abou-Naddarah" (l'homme aux lunettes) et
éditait une revue portant son surnom. Une communauté d'esprit et d'idéal patriotique
liait ces trois hommes. Sama peut être considéré, autant que ses camarades,
comme un apôtre du nationalisme démocratique égyptien. Ses articles, inspirés
et ardents, hostiles à la tutelle ottomane, au palais et à l'occupation britannique,
donnèrent l'éveil au nationalisme égyptien, appelant les patriotes à s'affranchir de la
souveraineté ottomane, du régime féodal et de l'occupation anglaise. Ils furent tous trois
expulsés d'Égypte par le Khédive Tefik Pacha (1879-1892). Établis à Paris,
ils reprirent leur activité politique et poursuivirent leur lutte patriotique.
Certains livres d'histoire, publiés depuis l'établissement du régime Nasserien
par des auteurs étrangers - français notamment - et portant sur les origines et les
promoteurs de la lutte nationale égyptienne, ignorent sciemment la contribution des juifs.
③ Plus tard, en 1904, un autre juif s'est illustré dans la lutte pour l'indépen-
dance de l'Égypte. C'est l'avocat Daoud Hazan, proche collaborateur du
grand leader nationaliste Mustafa Kamel. Mustafa Kamel fonda le parti
nationaliste, le premier parti politique égyptien dont le but était l'indépendance
du pays.
Weizmann vint en Égypte vers la fin de 1902, y rencontra Lord Cromer et
le premier ministre égyptien d'alors, Mustafa Fahmi (le futur beau-père de Zaghloul
Pacha, et qui devait rester Premier Ministre vingt ans ou durant) et eut des entretiens
avec eux de la possibilité de créer au Caire et y rencontra des membres du
mouvement nationaliste. Il fut littéralement conquis et consigna dans son carnet
de route les impressions suivantes :
Ce sont (les jeunes nationalistes) les futurs maîtres du pays. Il est curieux que les Anglais
ne leur rendent pas compte. Ils croient qu'ils vont toujours avoir affaire à des
belles lumes"
Les américains ne sauront pas être plus clair Vogel S: Théodore Roosevelt Vingt
en Egypte en 1912 et dans un discours politique, il annonce aux Egyptiens que
deux cents ans leur seraient nécessaires pour parvenir à l'indépendance. La réaction
de son auditoire fut extrêmement vive; bombardé de tomate par les étudiants,
incapable de placer un mot dans la discussion qui suivit sa déclaration,
Roosevelt se retire et quitte le pays dès le lendemain.
Après le décès de Mustapha Kamel en 1908, son frère Ali lui succède, avec
Daoud Hazan à ses côtés. Daoud Hazan, fils d'Elie Hazan, Grand Rabbin
d'Alexandrie et spécialiste du Talmud, était avocat à la cour d'appel mixte
d'Alexandrie. Il était aussi officier de l'armée ottomane et en était fier.
Lorsque l'Empire ottoman entra en guerre aux côtés de l'Allemagne en 1914, la nouvelle
lui parvint à la loge où il plaidait. Il éclata de joie, et emporté par sa foi
nationaliste et sa haine de l'occupant, il tint des propos anti-britanniques fort
séditieux. Il fut arrêté et une cour martiale britannique le condamna à la peine
capitale. L'intervention de personnalités importantes le sauva et il fut bientôt relâché.
La violence de ses propos avait été nourrie par son nationalisme égyptien et sa
haine de l'occupant.
Il faut rappeler, car cela est très important, l'attitude favorable de
Saad
Zaghloul Pacha à l'égard de l'implantation d'un foyer national juif en Palestine
lorsque, à la Conférence de la paix qui suivit la première guerre mondiale, la Société des
Nations des Nations entérina la Déclaration Balfour. A cette époque, le mouvement
nationaliste en Egypte était de caractère purement égyptien, sans tendance aucune au
pan-arabisme, et aspirait seulement à la création d'un Etat, uni au Soudan.
Zaghloul Pacha, large d'esprit, conscient de l'importance d'une collaboration avec
l'étranger, et n'ayant en vue que l'intérêt de son pays, était favorable à la fondation d'un
foyer national juif en Palestine. Il voyait dans l'existence d'un tel foyer un avantage
pour l'Egypte: il était convaincu qu'une amitié et une collaboration judéo-égyptienne
pouvaient exister et contribuer favorablement au développement de son pays; il pensait,
d'autre part, pouvoir aussi obtenir l'appui des juifs du monde entier, des Etats-Unis
תרגום לעברית
מוריס מזרחי 1977 יהודי מצרים ויהודיה – הזמן שחלף
החל משלטונו של מוחמד עלי, המשנה למלך מצרים, ועד לתקופות הראשונות של
הכיבוש האנגלי, תחת המנדט הבריטי במשך ארבע עשרה שנים,
הקהילה היהודית במצרים הייתה בעלת ממדים גדולים. אולם, לעיתים התרחשו מהומות מוגבלות,
באחת או אחרת מהערים, בעיקר בפרובינציה, שנגרמו על ידי מנהיגים פנאטיים אנטי-יהודים, מעוורים
על ידי חשוך וסופרסטיציה, ולעיתים על ידי לא-מוסלמים, שהשתמשו, ערב
הפסח היהודי, בהאשמה השקרית והימי-ביניימית של פשע פולחני; אך מהומות אלו נותרו מקומיות
והקורבנות, שמספרם היה מועט, נותרו ללא פגע, מבלי להגיע לעולם, בנסיבות
זהות, למהומות העממיות ולטבח היהודים ברוסיה הצארית,
טבחים שהפכו לפוגרומים.
הקהילה היהודית, שהייתה משולבת בהרמוניה במכלול החברה המצרית, הייתה חברה
חיה בה. חבריה השתייכו לכל שכבות החברה, מהעם הפשוט ועד לראש
ההיררכיה. חלקם חלקו את לחם העניים, אחרים חיו פחות או יותר, ברווחה, או
בעושר. לחלקם אף היה מקום בחצר המלוכה.
הם עסקו במקצועות חופשיים ברפואה, במדע, במשפט, באמנות, באדריכלות,
במסחר, בפיננסים וכו'. אחרים התפרסמו בשירות המדינה כמורים, צירים, סנטורים
ופקידי ממשל בכירים. היו אף איכרים יהודים, שמקורם מגיע רחוק מאוד בזמן,
בעלי אותם מנהגים ומסורות כמו שכניהם. חבושי טורבן "לבן", הם היו כמוהם
בגלאבייה לבנה ונשאו על ראשם את ה"לבה" הלבנה, אך נותרו קשורים לחלוטין
לדתם.
העם המצרי הוא מטבעו די שליו, אך הוא הושפע מאז ומתמיד מתעמולה
מגמתית. אולם, תעמולה של לאומיות נלהבת, שנאת זרים ושונאת עובדה מאז שני
דורות, וחודשה בעוצמה רבה עוד יותר מאז עליית הדיקטטורה הנאצריסטית לשלטון.
מנוהלת על ידי משטר זה, התעמולה במצרים, במדינות ערב ובשאר העולם, מצוידת
באמצעים כספיים ניכרים, היא אורגנה באופן מדעי ושיטתי על ידי עריקים
נאצים, משתפי פעולה לשעבר של גבלס, "אדון השקר" של היטלר, לזכר רע.
הח'ליף עומר, יורשו של אבו בכר, אשר, נאמר לנו בכל מקום, יצר והגן על יהודים ונוצרים בערב,
אומר בכל מקום, יצר והגן על יהודים ונוצרים בערב,
אומר בכל מקום כתוב, בכל האימפריה שלו מספר רב של נתינים השייכים לשתי קהילות אלו
של אמונה דתית משלהם. הוא קבע, בעבודתו, תנאי חיים שנשמרו
בקרב היהודים והנוצרים: הטלת מס אישי, ה"ד'ימה", חובה להבדיל את עצמם
מהמוסלמים על ידי לבוש מיוחד, איסור לשאת נשק ולרכוב על סוס, איסור
לבנות בתים גבוהים יותר מאלה של המוסלמים, איסור לקיים את פולחנם בקול רם
וכו'. אמצעים אלה, למעט ה"ד'ימה" נפלו בהדרגה, עם הזמן, לשכחה, עבור
כולם למעט היהודים.
ביהדות המצרית, "סעד אל פיומי" (סעדיה גאון) אשר נקרא לאחר מכן לנהל
את הישיבה התלמודית בסורא (בגדד) בשנת 928. הוא תרגם לערבית את אל יסראילי
(845-945), והרופא והאסטרונום אבו סאלח דונאש (920-990) ולבסוף
מוהל בן מימון (1135-1204) מקורדובה שהתיישב במצרים והפך לסולאל &
אבן אל איוב.
מאה של יהדות מצרים, יהודים מצרים ובני לאומים שונים.
בסוף המאה ה-19 הקהילות היהודיות במצרים הורכבו ברובן מיהודים ממוצא מצרי עתיק מאוד וממיעוט של יהודים זרים, מזרחיים או אירופאים, שהגיעו למדינה, כמו זרים רבים אחרים, החל משנת 1875 (הקמת המשטר השיפוטי של בתי הדין המעורבים ובתי הדין הקונסולריים) ובעיקר החל משנת 1882 (תאריך כיבוש מצרים על ידי בריטניה הגדולה). משטר שיפוטי זה, שהבטיח ביטחון רב יותר לזרים, עודד השקעות חשובות שתרמו רבות לפיתוח המדינה. קהיר, אלכסנדריה וערי אזור תעלת סואץ הפכו גם הן לערים מודרניות וקוסמופוליטיות; התפתחות זו הייתה בולטת במיוחד באלכסנדריה, שם המיעוט היהודי היה מבריק מאוד ועיריתה הורכבה ברובה מאירופאים ויהודים. —
זרם של יהודים ממוצא רוסי ופולני, שגורשו מפלשתינה על ידי טורקיה שנכנסה למלחמה לצד גרמניה בשנת 1914, באו להגדיל את שורות הקהילות באלכסנדריה, קהיר ופורט סעיד. מהגרים חדשים אלה, שנעזרו על ידי קהילות ערים אלה שסיפקו להם מחסה ועבודה, התבוללו במהרה בסביבתם החדשה, ובסוף המלחמה, רק מיעוט חזר לפלשתינה.
מהקמת הח'דיבות על ידי מוחמד עלי, המשנה למלך מצרים, ועד למהומות הראשונות בפלשתינה בין יהודים לערבים, הבעיה היהודית לא התעוררה במצרים. היחסים בין יהודים לזרים מצד אחד, ובין יהודים למצרים מצד שני, היו לבביים מאוד.
בקהיר, חארת אל-יהוד (1880) עם רחובותיה המפותלים הרבים הייתה חלק מהעיר העתיקה. היא הייתה מיושבת על ידי יהודים ממעמד סוציו-אקונומי נמוך אך טיפוסיים למצרים, בדיבורם, בלבושם ובמנהגיהם. הם היו כה משולבים עד שהיה קשה, לפי מראם החיצוני, להבדילם משאר המצרים. -- [לא ברור]
היהודים נהנו מהערכת תושבי המדינה, מצרים וזרים, בשל איכותם
של האליטה שלהם, של מוסדותיהם ושל הגדולה המוסרית של מנהיגיהם הרוחניים, בקהיר
ובאלכסנדריה, בפרט. בערים אלו ובפרובינציה, לכל בית כנסת הייתה היסטוריה משלו
ואגדותיו. מועדונים ועמותות מכל הסוגים איחדו יהודים ולא-יהודים.
① ליד בנהא (במצרים התחתונה) היה קיים כפר המאוכלס כולו ביהודים פלאחים, שחיו כפלאחים המצרים, נשכחים שם אולי על ידי התקופה בזמן משה. ② כפר אחר, מינת-אל-גאוה, היה גם הוא מאוכלס בפלאחים יהודים; ראו אותם מתפללים בבית הכנסת העלוב שלהם, משעשעים לפעמים; חלקם לא ידעו לקרוא; הם התפללו בכל זאת בלהט, כי ידעו את הכתובים בעל פה.
זו הייתה עבור היהודים תקופה של חופש ושלווה שנמשכה לאחר 1920-1922, שנים שבהן עלתה הלאומיות המצרית ותחילת המאבק לעצמאות; יהודים רבים הצטרפו למאבק זה, שבתחילה לא היה כלל בעל אופי שנאת זרים.
תרומתם של 85,000 חבריה לפיתוח וקידום מצרים הייתה ניכרת ומכרעת. היא נהנתה מהכבוד ומהיחס הטוב של הרשויות. מוסדותיה הרבים – בתי ספר, בתי חולים, אגודות תרבותיות או ספורטיביות, מפעלי רווחה וכו' – זכו להערכה.
סמכות הרבנות לא הוגבלה לתחום הרוחני בלבד; בתי הדין הרבניים היו אכן מוסמכים בענייני מעמד אישי עבור חברי הקהילה ופסקי דינם היו בעלי תוקף ביצועי.
רבים מהם היו רופאים, עורכי דין, מהנדסים, אגרונומים, אמנים או אדריכלים בעלי מוניטין מוצק; אחרים הצטיינו בשירות המדינה כשרים, חברי פרלמנט או פקידים בכירים.
חיים אידיליים אלה התדרדרו בהדרגה בלבד, עקב ועם התפתחות הסכסוך הישראלי-ערבי, החל מהמהומות הראשונות בפלסטין, כדי להפוך בסופו של דבר לגיהינומיים. קהילה זו של כ-85,000 חברים נמצאת בדרך הכחדה, תחת ההשפעה המשולבת של דיכוי, הגירה, גירושים והזדקנות של כמה מאות שנותרו במצרים.
לידת הציונות במצרים.
בפברואר 1897 נוסדה האגודה הציונית הראשונה במצרים על ידי מרקו ברוך, מפיץ האידיאל הציוני בקרב יהודי מצרים. כדי להגיע לקהל לא הומוגני מבחינה לשונית, ברוך ביקש שיפנו אליו על ידי
הקונגרס הציוני בווינה חוברות בצרפתית, ספרדית ועברית; הוא
תרגם לערבית את "מדינת היהודים" של הרצל והפיץ שלושת אלפים עותקים.
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ליד בנהא (במצרים התחתונה) היה זה כפר המאוכלס כולו ביהודים פלאחים שחיו
כמו הפלאחים המצרים. כפר אחר, מינת אל-גמח, היה גם הוא מאוכלס בפלאחים יהודים;
ראו אותם מתפללים בבית הכנסת העלוב שלהם; חלקם לא ידעו לקרוא. הם לא פחתו
בלהט, כי ידעו את כתבי הקודש בעל פה.
זו הייתה תקופה של חופש ושלווה ליהודים שנמשכה לאחר 1920-22 שנים, אשר
ראו את עליית הלאומיות המצרית ואת תחילת המאבק לעצמאות; יהודים רבים
הצטרפו למאבק זה, אשר במקור לא היה כלל בעל אופי שנאת זרים.
תרומתם של 85,000 חבריה לפיתוח וקידום מצרים הייתה ניכרת
ומכרעת. היא נהנתה מהכבוד ומהרצון הטוב של הרשויות. מוסדותיה הרבים
– בתי ספר, בתי חולים, עמותות תרבות או ספורט, מפעלי רווחה וכו' – זכו להערכה.
סמכות הרבנות לא הוגבלה לתחום הרוחני בלבד; בתי הדין הרבניים
היו אכן מוסמכים בענייני מעמד אישי לחברי הקהילה, ופסקי דינם
היו בעלי תוקף מחייב.
רופאים, עורכי דין, מהנדסים, אגרונומים, אמנים או אדריכלים בעלי מוניטין מוצק; אחרים הצטיינו
בשירות המדינה כשרים, חברי פרלמנט או פקידים בכירים.
חיים אידיליים אלה התדרדרו בהדרגה, במקביל ישיר להתפתחות
הסכסוכים הישראליים-ערביים, החל מהמהומות הראשונות בפלסטין ועד שהפכו בסופו של דבר לגיהינומיים.
קהילה זו של כ-85,000 חברים נמצאת בסכנת הכחדה כתוצאה משילוב של דיכוי,
הגירה, גירושים והזדקנות של כמה מאות שנותרו במדינה.
לידת הציונות במצרים
בפברואר 1897 נוסדה האגודה הציונית הראשונה במצרים על ידי
מרקו ברוך, מפיץ הרעיון הציוני בקרב יהודי מצרים. כדי לבסס קהל
רחב והומוגני מספיק, ברוך ביקש מקונגרס הציוני בווינה לשלוח לו
חוברות בצרפתית, ספרדית ועברית; הוא תרגם לערבית את "מדינת היהודים" של הרצל ו
הפיץ 3000 עותקים ממנו.
בשנת 1901, נערכה חגיגה כפרית יהודית בקהיר; הסמל הלאומי היהודי, מגן
דוד, הופיע בה במקום בולט, יחד עם הכתובת "יחי הדוקטור הרצל".
בשנת 1917, העיתונות המצרית הגיבה בחיוב להצהרת בלפור.
לרגל יום השנה הראשון להצהרה זו, שני העיתונים
הערביים החשובים ביותר במצרים, "אל אהראם" ו"אל מוקאטם"
פרסמו מאמרים שפירשו אותה בחיוב. יום השנה הראשון צוין גם
על ידי עצרת המונים יהודית חשובה באלכסנדריה, בה השתתפו ראש הממשלה
זיוואר פאשה ומושל העיר. עצרת המונים זו, שאורגנה על ידי האגודות היהודיות,
הסתיימה בתהלוכה עממית בשדרות הראשיות של העיר, דגל
ציוני, תזמורת מכבי וחברי ארגון ספורט זה לבושים מדים לבנים
וחגורה כחולה, בראש, ואחריהם צופי מכבי עם דגלם, תופים וחצוצרות,
ואחריהם, בתורם, יהודים רבים, גברים, נשים וילדים; תהלוכה יוצאת דופן
שבה הקהל המצרי הריע בקריאות "יחי היהודים".
בשנת 1919, ביום השנה השני להצהרת בלפור, צופי יהודים
מטנטה ארגנו הפגנה גדולה לכבוד הצופים היהודים מקהיר
שבאו לבקרם. הרב הראשי של אלכסנדריה, רפאל דלה פרגולה,
מסר לצופי טנטה דגל ציוני, בעוד סגן השר של
גרביה (תת-מושל) שנכח בחגיגה זו, הריע במלוא עוזו.
במהלך מלחמת העולם הראשונה, התקיימה בקהיר אגודה ציונית של צעירים
שנקראה "פרחי ציון" ואני הייתי חלק ממנה. באוקטובר 1916, אגודה זו
העלתה הצגה בתיאטרון בעיר את המחזה
"דוד וגוליית" בעברית.
רוב האגודות הללו שרדו עד הסכסוך הישראלי-ערבי הראשון
של 1948. רק בתאריך זה הן פורקו, ובאותה עת
עם כל הארגונים הציוניים. ראשי אגודות ספורט אלו וכן
הציונים הפעילים נעצרו ונכלאו במחנות
ריכוז.
הסכמה לבבית בין יהודים ללא-יהודים
בשנת 1919, כאשר המדינה כולה הייתה שקועה בסערת המאבק למען שלה
עצמאות, זו הייתה מיילדת יהודייה צעירה, עשירה [?], שהלכה בראש
הפגנת נשים מצריות ברחובות קהיר.
סיקורל, המחסן היה יעד למספר רב של פיגועים (במיוחד בכל
פעם שהאחים המוסלמים עוררו מהומות). בשנת 1948, שריפה
הרסה אותו חלקית; בשנת 1952, הוא היה זירת שריפה שמקורה פלילי.
סלבטור סיקורל, האחרון מהאחים שנותר בחיים, בסופו של דבר ויתר עליו ומכר את חנותו
בסכום זעום. יוסף סיקורל, הצעיר מבין שלושת האחים, היה ציוני נלהב
ולאורך זמן היה נשיא ההתאחדות הציונית בקהיר.
במהלך מלחמת העולם השנייה, כאשר הכוחות הגרמניים הגיעו לאל עלמיין
על סף מצרים, יהודים רבים נתקפו פאניקה; חלקם עזבו את המדינה,
אחרים ניסו להגן על רכושם.
הפעילים האנטי-נאצים והאנטי-פשיסטים, לעומת זאת, פונו על ידי
הצבא הבריטי, לפלשתינה.
כאשר הכוחות האיטלקים-גרמנים הגיעו לאל עלמיין, בשערי
מצרים, אוכלוסיית קהיר ואלכסנדריה הייתה בסערה. ציפו
להמשך התקדמות האויב ולכיבוש המדינה. המשפחות היהודיות
הפניקניות נפלו לחרדה עמוקה. המשפחות האיטלקיות, שראשיהן
היו עצורים כבר עם כניסת איטליה למלחמה, התכוננו לקבל
את המנצחים בהתלהבות ולחגוג להם. בדים בצבעי
איטליה נחטפו מהחנויות על ידי נשים איטלקיות כדי להכין מהם
דגלים.
לעומת זאת, אלה שהרגישו מאוימים, יהודים, איטלקים חופשיים, אנטי-פשיסטים ו
אוסטרים אנטי-נאצים, נתקפו פאניקה, עזבו, חלקם לכיוון מצרים העליונה
סודן, בעוד שאחרים עלו על מטוסים שיצאו לקניה, רודזיה
או דרום אפריקה.
יהודים פטריוטים מצריים
עם התעוררות הלאומיות המצרית, האוכלוסייה היהודית לא נשארה מחוץ
לתנועה, שכן תמיד היו יהודים שהגנו על החירות והצדק.
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① הסימפטום הראשון של התסיסה הלאומנית היה מרד עוראבי פאשה
הצבאי, אך תנועה זו התדרדרה למהומת שנאת זרים ונתנה תירוץ, בשנת 1882,
לכיבוש המדינה על ידי הכוחות הבריטיים.
② השלב השני, שיכול להיחשב כמקור ונקודת המוצא של
הלאומיות האינטלקטואלית המצרית מתוארך לשנת 1890. זוהי יצירתו של הטריומווירט:
השייח' ג'מאל אל-דין אל-אפגאני, השייח' מוחמד עבדו, והיהודי ויקטור זראדה
סאמה. ויקטור סאמה כונה "אבו-נדארה" (איש המשקפיים) ו
הוציא לאור כתב עת שנשא את כינויו. קהילת רוח ואידיאל פטריוטי
קישרה בין שלושת האנשים הללו. סאמה יכול להיחשב, כמו חבריו,
כשליח הלאומיות הדמוקרטית המצרית. מאמריו, מלאי השראה
ונלהבים, עוינים לשלטון העות'מאני, לארמון ולכיבוש הבריטי,
העירו את הלאומיות המצרית, וקראו לפטריוטים להשתחרר מן
הריבונות העות'מאנית, מהמשטר הפיאודלי ומהכיבוש האנגלי. שלושתם
גורשו ממצרים על ידי הח'דיו תאופיק פאשה (1879-1892). הם התיישבו בפריז,
הם חידשו את פעילותם הפוליטית והמשיכו במאבקם הפטריוטי.
ספרים היסטוריים מסוימים, שפורסמו מאז הקמת המשטר הנאצריסטי
על ידי מחברים זרים – צרפתים במיוחד – ועוסקים במקורות וב
מקדמי המאבק הלאומי המצרי, מתעלמים במודע מתרומתם של היהודים.
③ מאוחר יותר, בשנת 1904, יהודי אחר התבלט במאבק למען העצמאות
של מצרים. זהו עורך הדין דאוד חזן, מקורב של
המנהיג הלאומני הגדול מוסטפא כאמל. מוסטפא כאמל ייסד את המפלגה
הלאומנית, המפלגה הפוליטית המצרית הראשונה שמטרתה הייתה עצמאות
המדינה.
וייצמן הגיע למצרים לקראת סוף 1902, פגש שם את לורד קרומר ו
את ראש הממשלה המצרי דאז, מוסטפא פהמי (חותנו לעתיד של זע'לול
פאשה, ומי שעתיד היה להישאר ראש ממשלה עשרים שנה או במהלכן) וקיים שיחות
איתם על האפשרות להקים בקהיר ופגש שם חברים ב
התנועה הלאומנית. הוא נכבש ממש ורשם במחברתו
בדרך את הרשמים הבאים:
אלה (הצעירים הלאומנים) הם אדוני הארץ העתידיים. זה מוזר שהאנגלים
לא נותנים להם דין וחשבון. הם מאמינים שתמיד יהיה להם עסק עם
"אורות יפים"
האמריקאים לא יוכלו להיות ברורים יותר. ווגל ס: תיאודור רוזוולט עשרים
במצרים בשנת 1912 ובנאום פוליטי, הוא מודיע למצרים כי
מאתיים שנה יידרשו להם כדי להגיע לעצמאות. התגובה
של קהלו הייתה חריפה ביותר; הוא הופגז בעגבניות על ידי הסטודנטים,
לא מסוגל להכניס מילה לדיון שבא בעקבות הצהרתו,
רוזוולט נסוג ועזב את המדינה למחרת.
לאחר מותו של מוסטפא כאמל בשנת 1908, אחיו עלי ירש אותו, עם
דוד חזן לצידו. דוד חזן, בנו של אליהו חזן, הרב הראשי
של אלכסנדריה ומומחה לתלמוד, היה עורך דין בבית הדין לערעורים המעורב
של אלכסנדריה. הוא היה גם קצין בצבא העות'מאני והיה גאה בכך.
כאשר האימפריה העות'מאנית נכנסה למלחמה לצד גרמניה בשנת 1914, החדשות
הגיעו אליו לתא בו טען. הוא פרץ בשמחה, ונסחף על ידי אמונתו
הלאומנית ושנאתו לכובש, הוא השמיע דברים אנטי-בריטיים
מסיתים מאוד. הוא נעצר ובית דין צבאי בריטי דן אותו לעונש
מוות. התערבות של אישים חשובים הצילה אותו והוא שוחרר במהרה.
אלימות דבריו ניזונה מהלאומיות המצרית שלו ומשנאתו
לכובש.
יש לזכור, כי זה חשוב מאוד, את הגישה החיובית של
סעד
זאגלול פאשה כלפי הקמת בית לאומי יהודי בפלסטין
כאשר, בוועידת השלום שבעקבות מלחמת העולם הראשונה, חבר הלאומים
אישר את הצהרת בלפור. באותה תקופה, התנועה
הלאומנית במצרים הייתה בעלת אופי מצרי טהור, ללא כל נטייה ל
פאן-ערביות, ושאפה רק להקמת מדינה, מאוחדת עם סודן.
זאגלול פאשה, רחב אופקים, מודע לחשיבות שיתוף הפעולה עם
הזר, ורואה רק את טובת ארצו, תמך בהקמת
בית לאומי יהודי בפלסטין. הוא ראה בקיומו של בית כזה יתרון
לגבי מצרים: הוא היה משוכנע כי ידידות ושיתוף פעולה יהודי-מצרי
יכולים להתקיים ולתרום באופן חיובי לפיתוח ארצו; הוא חשב,
מצד שני, שיוכל גם לקבל את תמיכת יהודי העולם כולו, של ארצות הברית